J’ai tellement à cœur que les personnes s’ouvrent de nouveau à l’Amour quelque soit leur passé amoureux.
Je trouve tellement triste de se fermer, de ne plus vouloir aimer sous « prétexte » d’avoir souffert.
C’est comme si un enfant de 2 ans s’arrêtait d’apprendre à marcher parce qu’il s’est fait mal en tombant en commençant à marcher. Et oui, et si nous étions sur la même échelle de temps ?
Et si ces douleurs étaient là pour nous apprendre à voir les choses, les personnes d’une façon différente ? Nous-même pourrions-nous regarder d’une vue différente.
J’aime bien rappeler l’image « d’aller sur la colline de l’autre »
En Communication NonViolente(CNV), il existe une image qui m’aide beaucoup, surtout quand on parle d’Amour (re)nouveau après 60 ans. C’est celle d’aller sur la colline de l’autre ».
Que l’on soit célibataire, prêt à accueillir une nouvelle âme dans sa vie, ou en couple depuis des décennies avec l’envie de retrouver la complicité des débuts… ce voyage change tout.
L’histoire :
L’histoire parle de 2 amis qui habitent chacun sur une colline, l’une en face de l’autre.
Le premier, Thomas appelle son ami Richard pour lui proposer de venir cueillir les pommes de son jardin qui sont mûres et de faire une tarte aux pommes ensuite.
Richard, qui a aussi un pommier, regarde par la fenêtre et voit que de son côté les pommes sont encore vertes et ne sont pas mûres et dit à Thomas : » Non, je te remercie mais les pommes ne sont pas assez mûres, je préfère attendre un peu »
– Si, je t’assure les pommes sont mûres
– Mais non, elles sont vertes
– Si, si elles sont mûres …
Ce discours peut durer longtemps si personne ne veut changer son point de vue et dire :
-Eh bien, viens voir et goûter,
ou alors :
– je viens chez toi pour me rendre compte !!!
Aller sur la colline de l’autre, c’est accepter de descendre un instant de sa propre montagne, de traverser la vallée de nos certitudes, pour aller regarder le paysage à travers ses yeux à lui, ou à elle. C’est là que naît la véritable relation.
C’est une magnifique métaphore de la Communication NonViolente (CNV) ! Elle illustre parfaitement le concept de « chacun sa réalité » et la distinction fondamentale entre avoir raison et chercher à comprendre.

Voici ce que raconte si bien l’histoire :
1. Le piège du « J’ai raison, tu as tort »
Tant que les deux voisins restent chacun sur leur versant, ils parlent depuis leur propre expérience factuelle :
- Le premier regarde ses arbres et voit des pommes vertes. Pour lui, c’est la vérité : les pommes ne sont pas mûres.
- Le second regarde ses arbres et voit des pommes rouges. Pour lui, c’est la vérité : les pommes sont mûres.
En CNV, c’est ce qu’on appelle être déconnecté de la réalité de l’autre. Chacun projette sa propre situation sur l’ensemble du monde. La discussion tourne en boucle (le fameux dialogue de sourds) parce que chacun essaie de convaincre l’autre avec sa « vérité ».
2. Le basculement : L’invitation à l’empathie
Le conflit ne se résout pas par un argument logique, mais par un changement de perspective.
« Viens voir sur ma colline ».
En invitant son voisin sur sa colline, le premier ne lui demande pas d’abandonner sa réalité (le fait que ses propres pommes soient vertes), il l’invite à élargir sa vision. C’est l’acte pur de l’empathie : accepter de chausser les lunettes de l’autre (ou de marcher sur sa colline) pour voir le monde depuis son point de vue.
3. La reconnexion
Une fois sur la colline ensoleillée, le voisin de l’ombre fait une découverte : « Ah ! Les pommes de ton jardin sont effectivement mûres. Je comprends mieux pourquoi tu voulais faire une tarte ! »

Il ne s’agit pas de savoir qui avait raison, mais de réaliser que deux réalités différentes et apparemment contradictoires peuvent coexister.
C’est exactement ce que l’on cherche à faire en CNV lors de la phase d’écoute empathique : on quitte temporairement notre « versant » (nos jugements, nos certitudes) pour aller visiter le versant de l’autre (ses besoins, ses sentiments, sa réalité). Une fois qu’on a vu le paysage depuis sa colline, la connexion est rétablie, et on peut enfin cuisiner et déguster la tarte ensemble. Du partage quoi !
