Je perçois les changements, l’évolution dans ma vie Amoureuse
Je suis une femme qui a été mariée 20 ans.
Par amour, vraiment, même lorsque j’ai choisi de divorcer j’ai prévenu chaque connaissance que je partais non pas parce que je l’aimais plus mais parce qu’il était devenu invivable pour moi et que je ne pouvais plus me laisser maltraiter.
« Monsieur » avait choisi de se former au coaching et il « menait tout le monde à la baguette ». Chaque chose devenait une exigence pour mes enfants, ma famille et moi. Il décidait de chaque chose pour chacun.
Par exemple, notre fils de 20ans devait rentrer un jour avant 19h pour diner avec nous. Eh bien, depuis la formation de mon mari, il a décidé que s’il n’arrivait pas à l’heure, la porte lui serait fermée.
Je vois encore notre fils essayer de passer une porte et lui fermer la porte au nez parce que mon mari me l’avait demandé. Quelle horreur !!!
Comment j’ai pu rentrer dans ce jeu ?
Comment j’ai pu dire oui à ces exigences ?

Et comme par hasard, mon mari n’était pas là pour faire ça. Je crois que ça, ça m’agace plus que tout. C’est ce qui m’a quand même fait réagir un jour.
Un jour, toujours dans sa période de formation, il me dit « Demain j’ai des rendez-vous jusqu’à 17h. Je te demande de me laisser préparer le repas ». Il avait pris le temps et le ton solennel, je comprenais qu’il me demandait vraiment de l’attendre.
Ce jour là vers 17h, il m’appelle pour me dire qu’il est en retard et qu’il me demande d’aller chercher notre fille. Bon, c’était assez habituel, je suis allée la chercher, agacée. Et en passant en ville je vois mon mari au téléphone à la terrasse d’un café. Là, j’étais vraiment très agacée.
Nous avons attendu mon mari jusqu’à plus de 20h30. Je me suis gardée de faire à manger. Lorsqu’il est arrivé, ma belle-mère (qui était là pour 10 jours) a été l’accueillir pour lui dire que je n’avais pas voulu préparer à manger. Na !
Il s’est mis à sortir les affaires du réfrigérateur, son manteau encore sur le dos. Je vais lui demander comment ça va, il me répond « ça va ». Comme je voulais qu’il m’en dise plus, je lui dis : « Comment ça va bien ? ». Et là, ça déclenche quelque chose en lui. Je ne me souviens plus des mots mais je me souviens du ton, de la force de sa voix, au point que ma belle mère a pris les enfants et est sortie avec eux. Ce fut une tirade, un monologue (assez habituel chez lui) d’environ ¾ d’heure. Il a même levé la main, pour la première fois, et elle s’est arrêtée au vol. J’étais sidérée. Pas un mot.
Je me suis contenue jusqu’à la fin du repas. Je suis allée embrasser les enfants au coucher en leur disant que je partais pour la semaine (c’était assez habituel pour mon travail mais là c’était pour ne pas rentrer) et que je ne savais pas comment la suite allait se passer. Et je suis sortie marcher, pleurer de tout mon corps, tout mon cœur. J’ai dû revenir vers 22h30, ma belle -mère me cherchait, mon mari était au lit avant moi, pour la première en 15 ans. Je ne lui parlais plus.
Je l’ai eu au téléphone brièvement le lendemain soir en lui signifiant que je ne savais pas si j’allais rentrer. Il avait dépassé les limites. Je me sentais humiliée, comme une femme battue. Je suis rentrée le vendredi soir, voir mes enfants. Tout était douloureux, il continuait sa façon de parler.
Comment cela a-t ’il put arriver après 15 ans de mariage alors que nous aurions du avoir gagné en confiance l’un envers l’autre ? Comment cela a-t-il pu arriver à moi, moi qui était tellement sur la défensive, à tendance féministe et très revendicatrice. Comment cela a-t-il pu arriver alors que je chantais sur tous les toits, à mes amies de ne pas se laisser faire. Moi qui travaillais en conscience de mon besoin d’autonomie et d’indépendance. J’avais bien en tête depuis toute jeune qu’il est important de se donner une sécurité financière pour une sécurité physique. Je voulais conserver la possibilité de partir avec mes enfants si besoin, si une claque, si tromperie, si…
Si je devais répondre avec un seul mot ce serait « engrenage », y compris financier justement.
Nous nous étions surendetté, et ça, c’est un point important qui a affaibli notre couple. Je crois que c’est le cas pour beaucoup de couple. Quand on en est à devoir faire un choix entre les cigarettes de son mari et le premier soutien gorges pour sa fille, les reproches viennent plus facilement.
Le critère financier a une part importante dans l’harmonie d’un couple. Il pourrait même être révélateur de la santé du couple.
Ce que je vois dans cette histoire c’est que mes peurs de jeunesse d’être abandonnée, trompée, ont d’abord perdu en intensité en rencontrant mon mari. Ces peurs se sont estompées avec le temps, avec ce que nous faisions ensemble pour nourrir notre amour. J’ai mis beaucoup d’énergie pour montrer mon amour à mon mari, au point de ne pas toujours être là pour mes enfants. Sur la fin, il y avait même une forme de concurrence. Cette envie d’exclusivité de la part de mon mari. Je devenais parfois aveugle et parfois lucide.
Des années de douleurs avant d’en terminer vraiment, pour chaque membre de notre cellule familiale.
15 ans après, à 61 ans :
Un nouvel amoureux.
Moins de 3 ans de connaissance, 10 mois de vie commune.
Hier soir, il me laisse un message téléphonique d’exactement 5 secondes (c’est écrit sur la messagerie) sur lequel j’entends « A tout à l’heure ». Je le rappelle pour en savoir plus. Il dit « je n’entends pas « et ça raccroche. Vous observez peut-être que j’écris « ça » et non pas « il ». Et je fais bien parce qu’effectivement j’ai appris qu’il était dans un ascenseur et souvent il n’y a pas de réseau.
Là je me dis que j’ai évolué et que je n’ai pas supposé autre chose qui aurait pu me faire du mal.
Il m’avait parlé de ses collègues de sport qui aiment bien aller diner après cette séance. Je me suis dit qu’il avait san doute « craqué ».
De mon côté je m’étais préparée à passer un temps doux avec lui. J’avais mis la table, un peu mieux qu’en semaine. Je me donne un peu plus de temps pour ça à l’arrivée du week-end. J’avais fait une salade belle à voir, originale, une bougie…
Et là, suite à cet appel, PLOUF ! J’exagèrerais si je disais douche froide, mais quelque chose pas des plus joyeux en tous cas. Je n’aime pas que mes plans changent, le temps d’intégrer l’information et d’en avoir de nouveaux.

Mes anciennes peurs sont revenues au galop :
– Peur de ne pas lui suffire
– Peur de ne pas être assez intéressante
– Peur d’être abandonnée
Et oui, je n’ai pas besoin de creuser beaucoup pour retrouver cette peur, que je connais bien.
Je la connais parce-que depuis ma première thérapie je lui ai donné ce nom. Entre les psychothérapeutes et les aides au développement personnel, depuis plus de 20 ans, je sais bien qu’elle est là. Comme si elle faisait partie de moi, au même titre que mes dents, ma tête, mon cœur.
Ce qui a changé et me donne du confort maintenant c’est qu’en moins de 3 mn (contre 3 jours je dirai) mon « affolement » à cet appel téléphonique c’est clarifié et est devenu : « Ah ok, tu touches encore ce besoin d ‘être rassurée. Et qu’est-ce que tu fais maintenant ? Remémore-toi ce que tu connais. Qu’est-ce que tu choisis de mettre en place maintenant pour être apaisée et ne pas continuer à faire tourner le petit moulin dans ta tête ? Ça ira certainement mieux quand tu en sauras plus sur la situation mais pour l’instant, et si tu veux accueillir ton ami dans les meilleures conditions, fais quelque chose pour toi ».
J’ai choisi, ce qu’il y a de plus facile et plus rapide pour moi, une méthode qui me permet d’être autonome, la libération des perturbations émotionnelles (ALPE). Je me suis allongée sur mon lit, je
ai écouté mon corps, consciencieusement. Juste écouter ce qu’il se passe et laisser faire. En moins de 3 minutes je ne vois plus rien qu’il s’y passe et je me sens apaisée. J’adore !
Quand mon compagnon rentre, je suis calme et enjouée de le voir. Maintenant c’est ça qui compte et ne pas demander des comptes ni faire la tête. J’ai tellement fait la soupe à la grimace à mon mari parce qu’il arrivait plus tard que prévu et que j’étais frustrée de ne pas le voir. J’ai bien compris que ce n’était pas la meilleure façon de montrer que j’ai envie de partager des moments avec lui.
J’ai bien conscience qu’à chaque moment je peux choisir d’être dans la peur ou d’être dans l’amour.
D’être dans l’amour m’a permis de connaître les beaux échanges enjoués avec ses amis.
C’est tellement mieux ainsi.
Je me félicite du temps que j’ai pris à soigner mes blessures.
Je me félicite d’avoir pris ce temps beaucoup plus court maintenant pour être sereine, trouver les bons moyens d’être rassurée, me sentir en sécurité.
Merci la Vie
J’ai fait preuve d’Amour pour moi et c’est du progrès.

